Quel vote pour les chrétiens?

À notre époque, beaucoup veulent exclure totalement le nom et le message de Christ de la sphère publique. Voter est une occasion de promouvoir, de protéger et de préserver une gouvernance qui respecte Dieu et sa parole. De manquer cette occasion revient à donner carte blanche à ceux qui dénigrent le nom de Christ. Les responsables que nous élisons, ou que nous laissons agir sans les combattre, ont une grande influence sur nos libertés. Ils peuvent choisir de protéger notre liberté de culte et d’annoncer l’Évangile ou de la restreindre. Ils peuvent mener notre nation vers la droiture et la justice ou vers la ruine morale. En tant que chrétiens, nous devons tenir ferme et obéir au commandement d’accomplir notre devoir civique (Matthieu 22.21).

« Quelle société voulons-nous ? »
Certains se disent peut-être qu’aucun candidat ne répond pleinement à leurs attentes, en particulier à l’égard des sujets essentiels pour la dignité de toute personne humaine.
Nous devons soigneusement distinguer ce qui relève de l’impossibilité de conscience et ce qui relève d’un choix encore acceptable, même s’il ne correspond pas totalement à nos convictions, parce que, alors, un bien, même modeste, reste réalisable ou peut être sauvegardé, en tout cas davantage que dans d’autres hypothèses. Il ne s’agit pas de se résigner au moindre mal, mais de promouvoir humblement le meilleur possible, sans illusion ni défaitisme, et simplement avec réalisme.

Dans beaucoup de pays du monde, les chrétiens sont opprimés et persécutés. Ils souffrent de l’oppression de gouvernements qu’ils n’ont pas le pouvoir de changer, qui haïssent leur foi et font tout pour étouffer leur voix. Ces croyants risquent leur vie en annonçant l’Évangile de Jésus-Christ. Sous les régimes démocratiques, les chrétiens jouissent de la bénédiction de s’exprimer librement et de choisir leurs dirigeants sans crainte pour leur vie ou celle de leurs proches. Aux États-Unis, à l’occasion des dernières élections, environ 40 % de ceux qui se disent chrétiens ont considéré ce droit comme allant de soi et n’ont pas voté. Environ 20 % d’entre eux ne sont pas même inscrits sur les listes électorales.

Les chrétiens, dans leur légitime pluralisme de sensibilités politiques, se doivent de prendre vraiment au sérieux leur responsabilité morale d’électeurs. Il faut que chacun s’interroge avec gravité sur le vote qui respectera et servira le mieux la dignité de la personne humaine, dans sa beauté, sa fragilité, son caractère sacré.

Le Pour et le Contre :

Qu’enseigne la Parole concernant la position d’un chrétien quand il est invité à voter pour élire un Président?

Vous serez peut-être étonné quand nous vous dirons que votre question touche le fondement même du christianisme. Nous désirons vous demander, cher ami, à quel monde le chrétien appartient-il? A ce monde d’ici-bas ou à celui d’en-haut? Est-il citoyen de la terre ou du ciel? Est-il mort au monde ou est-il vivant au monde? Lequel des deux?

S’il était citoyen de ce monde, si sa place, sa part et sa demeure étaient ici-bas, alors certainement il se devrait de prendre part le plus activement possible aux affaires du monde. Il devrait voter pour élire les conseillers municipaux et les députés, il devrait faire tous ses efforts pour élire l’homme le plus capable qui soit au conseil municipal ou à la Chambre des Députés. Il devrait déployer toute son énergie pour améliorer et diriger le monde. En un mot, s’il était citoyen de ce monde il devrait accomplir de son mieux les fonctions qu’implique cette position.

Mais si au contraire il est vrai que le chrétien est « mort » quant au monde, alors il est citoyen du ciel; si sa place, sa part et sa demeure sont en haut, il n’est donc que pèlerin et étranger ici-bas; et par conséquent il n’est pas appelé à se mêler de quelque manière que ce soit à la politique du monde; mais il a à marcher comme pèlerin en se pliant patiemment aux lois humaines pour l’amour du Seigneur, se soumettant aux autorités établies et priant pour elles.

Ne nous y trompons pas: voter est un privilège. Notre démocratie est peut-être remplie de défauts, elle a sans doute besoin de nouveaux visages et d’avancées, mais elle a le mérite d’exister et voter, même si nous ne sommes pas d’accord avec les partis politiques existants, y est toujours un droit.

« Qu’enseigne la Parole » à ce sujet? C’est la question primordiale. Que disent donc les Écritures? Quelques passages suffiront. Écoutez ce que dit le Seigneur quand Il s’adressait au Père à propos des « Siens qui étaient dans le monde »: « Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.«  (Jean 17:14-16). Et maintenant écoutez l’apôtre inspiré sur le même sujet: « Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères, et portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi suivant le modèle que vous avez en nous. Car plusieurs marchent, dont je vous ai dit souvent et dont maintenant je le dis même en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix du Christ, dont la fin est la perdition, dont le dieu est le ventre et dont la gloire est dans leur honte, qui ont leurs pensées aux choses terrestres. Car notre bourgeoisie (en grec: politeuma) est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur » (Philippiens 3:17-20). Et encore dans Colossiens 3:1-4 nous lisons: « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu; pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec Lui en gloire. »

 

Quelques-uns prétendent que ces passages ne s’appliquent plus, que le monde de Jean 17 n’est pas le monde actuel, que le premier était un monde païen alors que le second est un monde chrétien. Avec des gens qui se placent sur une telle base toute discussion est inutile. Si l’enseignement du Nouveau Testament n’était donné que pour une époque depuis longtemps révolue, s’il ne s’occupait que des circonstances d’alors et ne s’appliquait pas à celles d’aujourd’hui, alors nous ne saurions plus où nous en sommes ni vers où nous tourner pour être enseignés et guidés. Mais, Dieu soit loué, nous avons un guide divin et pleinement suffisant pour tous les âges, tous les lieux et toutes les circonstances. C’est pourquoi si nous sommes guidés par l’Écriture nous n’aurons aucune justification quelle qu’elle soit pour nous mêler de la politique de ce monde. La croix de Jésus a brisé définitivement le lien qui nous unissait à ce monde. Nous sommes identifiés avec Lui. Il est notre Modèle. S’Il était ici-bas, Il se tiendrait en dehors du monde. Vous ne Le verriez ni au conseil municipal, ni à la Chambre des Députés, ni comme Ministre, ni portant l’épée. Un jour, bientôt, Il tiendra le sceptre, Il portera l’épée et aura dans Ses mains les rênes du gouvernement. (Que Dieu hâte ce jour!) Mais actuellement Il est rejeté et nous sommes appelés à partager Sa réjection. En tant que chrétiens notre chemin dans ce monde est d’obéir ou de souffrir. Nous sommes appelés à prier pour tous ceux qui ont une autorité dans ce monde, mais pas à en avoir une nous-mêmes. Il n’y a pas une seule ligne de l’Écriture pour me guider. Si je fais l’une de ces choses, je la fais sans la moindre instruction de mon Maître; bien plus, je marche dans un chemin entièrement opposé à Lui et en opposition totale à l’esprit et aux enseignements du Nouveau Testament

Que Dieu nous rende plus fidèles à Christ! Puissions-nous être délivrés plus complètement dans notre cœur et dans notre esprit de ce « présent siècle mauvais » (Galates 1:4), et être rendus capables de poursuivre avec une sainte décision notre chemin de pèlerin à travers les sables du désert! Nous sommes bien conscient que ce que nous avons écrit sur ce sujet ne plaira pas et ne sera pas populaire; mais cela ne doit pas nous empêcher de présenter la vérité et aussi de la vivre.

 

Quel dirigeant choisir ? Un dirigeant chrétien est-il automatiquement meilleur qu’un non-chrétien ? 

Nous n’avons pas le droit de donner notre avis politique personnel pour influencer les croyants qui sont sous la responsabilité de Dieu. Nous sommes les bergers du troupeau de Dieu, pas ses propriétaires. De plus, l’histoire de l’Eglise prouve qu’il est toujours extrêmement dangereux de mélanger politique et foi, dans l’intérêt même de la construction du Royaume de Dieu.

Cependant, quelques réflexions sont possibles:

L’histoire montre que le fait pour un gouvernant d’être «né de nouveau» ne signifie malheureusement pas qu’il ou elle sera automatiquement un excellent dirigeant. De la même façon, le fait de ne pas être chrétien, n’est pas non plus synonyme de mauvais leadership…

Mais à tout prendre, si nous aurions le choix, nous préférerons pour diriger notre Nation, que ce soit quelqu’un pour qui, les valeurs de l’évangile signifient quelque chose.

Nous préférerons quelqu’un qui croit que la vie est sacrée de la conception à la mort naturelle. Quelqu’un qui ne trouve pas normal que les hommes aient le droit de «jouer à Dieu».

Un dirigeant pour qui le respect des droits de chaque individu, des libertés d’expression et du libre exercice du culte, ne soient pas les otages de courants intolérants ou «bien pensants», mais soient garantis pour tous équitablement.

Si notre pays devait passer par des temps de crise, nous aimerions que ce soit un dirigeant qui puisse s’humilier devant Dieu et l’appeler à l’aide comme le fit Salomon (1 Rois 3:9-10)…

 

Nous faut-il accepter les résultats des élections ? Devons-nous respecter un dirigeant opposé aux valeurs de l’évangile ?
Ai-je le droit d’insulter, ou de désobéir à un dirigeant pour qui je n’ai pas voté ?

La Bible est claire à ce sujet que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament:

Notre première responsabilité en tant qu’enfants de Dieu est de prier pour nos dirigeants, quels qu’ils soient, bons ou mauvais !

1Timothée 2:1-4: «J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.»

 

Esdras 6:10: «…qu’ils offrent des sacrifices de bonne odeur au Dieu des cieux et qu’ils prient pour la vie du roi et de ses fils.» 

 

Jérémie 29:7: «Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien.»

 

 

Nous affirmons que tous les chrétiens ont le devoir et la responsabilité de voter, pour des responsables politiques qui font la promotion des valeurs chrétiennes. Certes, Dieu est souverain, mais cela ne veut pas dire que nous n’avons rien à faire pour sa volonté s’accomplisse. Nous devons prier pour nos dirigeants (1 Timothée 2.1-4). En matière de politique et de gouvernance, on voit dans les Écritures que Dieu est parfois mécontent de nos choix (voir Osée 8.4). L’emprise du péché est visible partout dans ce monde. Une grande partie de la souffrance sur terre est due à des gouvernements qui choisissent d’ignorer Dieu et ses préceptes (Proverbes 28.12). Les Écritures ordonnent aux chrétiens d’obéir aux autorités légitimes, tant que cela ne va pas à l’encontre des commandements du Seigneur (Actes 5.27-29, Romains 13.1-7). En tant que chrétiens nés de nouveau, nous devons nous efforcer de choisir des dirigeants qui soient eux-mêmes guidés par notre Créateur (1 Samuel 12.13-25). Nous ne devons en aucun cas soutenir des candidats ou des programmes politiques qui enfreignent les commandements de la Bible en ce qui concerne le respect de la vie, la famille, le mariage ou la foi (Proverbes 14.34). Le vote des chrétiens doit être guidé par la prière et l’étude à la fois de la Parole de Dieu et de la réalité concrète des choix qui se posent.

 

D.L


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Une pensée sur “Quel vote pour les chrétiens?

  • 22/04/2017 à 12:42
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    Voter pour un chrétien est plus qu’un droit, un devoir. Lors de la réforme, il y a 500 ans, Luther a participé activement au développement de son pays l’Allemagne. Il a apporté autant au système politique, religieux, artistique et éducatif. En qualité de serviteur de Dieu, et sur la lecture de la Bible, il a voulu révolutionner l’église catholique qui ne voulait rien entendre trop attaché à ses prérogatives politiques et financières. Luther malgré lui, a apporté des chants chrétiens de toute beauté avec la possibilité de mettre dans les mains de tout un peuple la Bible dans sa langue maternelle. 500 ans plus tard, il est bon de voir tout le travail politique que des hommes touchés par la grâce on fait en Allemagne, en Suisse et plus loin. En France, à la même époque, le courant évangélique était né et l’a payé bien cher. Tout cela pour dire que oui le chrétien peut être sel et lumière dans notre société. Il ne fait pas partie de ce monde, mais en même temps il y vit et ce serait dommage de mettre la lampe sous le boisseau. La politique et la foi ne sont pas incompatibles mais ce doit être des serviteurs appelés à cette mission et entourés par nos prières, parfaitement formés pour se confronter à ce monde sans vergogne et sans pitié. Tous les chrétiens devraient commencer par devenir conseiller municipal, ne pas hésiter à se présenter pour les législatives, œuvrer au sein de leur cité, devenir conseiller départementaux ne seraient ce que pour influencer cette société. Notre témoignage doit être autant vécu, au service de nos compatriotes tellement en perte de repères, et ce sont les chrétiens qui doivent faire leur preuve et rester fidèles dans les petites choses, pour être fidèles dans les grandes. Nous sommes des voyageurs certes, mais nous avons notre pierre a apporté lors de notre passage. Non pas dans le sens des honneurs, mais parce que nous aimons notre prochain comme nous mêmes et surtout nous voulons servir notre Dieu. Nous sommes des sentinelles, si nous n’intercédons pas pour nos gouvernants, qui le fera? Nous sommes des sentinelles, nous devons avertir des conséquences de décisions iniques à nos concitoyens. Nous sommes des sentinelles, qui sait si un jour nous ne devrons pas ouvrir nos propres écoles, nos propres hôpitaux, nos propres orphelinats pour prendre soin tout en respectant nos valeurs éthiques et bibliques? Retroussons nos manches, les besoins sont grands !!! Sole Deo Gloria

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